Algues vertes : "Il faudra dix à quinze ans" pour arrêter la prolifération, d'après Jouanno
Environnement
Lu 186 fois.
Publié le 5 février 2010 à 16h25.
Actualisé le 5 février 2010 à 16h28.
La conférence de presse des deux membres du gouvernement a été très suivie (photo : Romain Joly, Le Mensuel).
Le plan du gouvernement pour stopper la prolifération des algues vertes en Bretagne a été présenté ce vendredi à Rennes par le ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, et sa collègue Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie.
Devant un parterre fourni de journalistes, le ministre de l'agriculture Bruno Le Maire et Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie, ont présenté le plan anti-algues vertes du gouvernement, ce vendredi à Rennes. Celui marquera « un tournant », a indiqué Bruno Le Maire avant de reconnaître que « l'on ne peut pas revenir sur 15 ou 20 ans d'agriculture d'un claquement de doigt ».
Ce plan de 134 millions d'euros sur 5 ans préconise des « changements de pratiques et de méthodes » agricoles, mais il faut aussi « prendre en compte les contraintes des agriculteurs ». « Si le plan ne donne pas de résultats, on passera à un dispositif obligatoire et réglementaire », a prévenu Bruno Le Maire. Chantal Jouanno a elle aussi qualifié ce plan de "tournant", tout en reconnaissant qu'il faudra « au minimum 10 à 15 ans » pour régler complètement le problème de la prolifération des algues vertes.
Les grandes lignes du plan avaient été présentées mercredi en conseil des ministres, mais le gouvernement a attendu une réunion vendredi matin à Rennes avec les agriculteurs et les défenseurs de l'environnement bretons pour en dévoiler les détails.
"Les agriculteurs pollueurs s'en sortent bien"
L'action du gouvernement est principalement axée sur le traitement et la collecte des algues sur les plages, avec notamment la création de trois plateformes de compostage des algues d'ici 2011 dans les Côtes d'Armor, le département le plus touché par le phénomène.
Mais le gouvernement mise aussi sur « la reconquête des zones naturelles » et la « dénitrification » des campagnes, c'est-à-dire la réduction des apports d'azote (engrais) par les agriculteurs. En baie de Saint-Brieuc, il s'agit ainsi de réhabiliter 20% du territoire en zones humides, prairies, haies. Le plan prévoit également de soutenir financièrement la méthanisation, à la fois des algues et du lisier, pour produire de l'énergie.
Denis Baulier, du collectif « Urgence marées vertes », a quitté bruyamment la réunion vendredi pour exprimer son mécontentement. 'Les agriculteurs ne vont pas prendre en charge le ramassage et le traitement des algues. Les agriculteurs pollueurs s'en sortent très bien", a-t-il regretté.
"Le curatif (le ramassage des algues sur les plages) ira très vite mais en revanche tout ce qui est préventif est remis à plus tard, y compris le respect des directives européennes", a pour sa part déploré Jean-François Piquot, porte-parole de l'association environnementale Eaux et Rivières de Bretagne.
"Nous sommes rassurés mais prudents" et "nous serons extrêmement vigilants sur la mise en oeuvre", a averti de son côté Jacques Jaouen, président de la chambre d'agriculture de Bretagne.
(Avec AFP)
Le 05/02/10 à 16:51 par erin
C'est consternant! on a déjà perdu tellement de temps. Les alertes ont pourtant été lancées depuis si longtemps. On espérait une position plus courageuse de l'Etat. Période électorale, intérêts économiques...
Il ne faudrait pas oublier l'envahissement de la Baie du Mt St Michel par le chiendent maritime: une autre catastrophe écologique de même type.