Accueil S'inscrire / Newsletter La boutique MGM
Rechercher
imprimer envoyer à un ami L'information en fil rss

publicite

Politique

Régionales à l'UMP : la droite bretonne traverse une crise inédite

Elections Lu 1638 fois.  Imprimer  Envoyer à un ami
Publié le 8 février 2010 à 14h55. Actualisé le 8 février 2010 à 17h11.

L'affiche de campagne de Bernadette Malgorn, qui doit être dévoilée cette semaine (D.R.).

En ce début de campagne, la droite bretonne est secouée par une crise à l'intensité inédite. En cause : la colère de nombreux élus locaux, insatisfaits de la composition des listes de Bernadette Malgorn... et irrités par ses méthodes.

Diatribes de plusieurs parlementaires, vilipendes de maires, "ultimatum", défection d'une candidate (Mireille Dubois, dans les Côtes d'Armor), menaces à peine voilées de la part de beaucoup d'autres... La droite bretonne se caractérise par le fait qu'elle n'a de cesse de "se taper sur la gueule," rigolait le Finistérien Jacques Le Guen il y a quelques mois. En ce début de campagne, jamais ce commentaire ironique ne s'est autant trouvé d'actualité.  "On n'a jamais vu ça, ça n'a jamais été autant le bordel", atteste un élu morbihannais. "Ahurissant", confirme une autre candidate à la candidature, habituellement peu portée sur la polémique.  

Les parlementaires envisagent d'intervenir
En cause : la composition des listes départementales édictée par l'ex-préfète Bernadette Malgorn. Et sa manière d'opérer. La candidate, soutenue par Paris, est accusée de tout gérer de la capitale, sans concertation et en secret. Dans le Finistère, où elle est désormais installée, elle n'a pas respecté les "revendications" du député Le Guen. Bilan : le villepiniste, qui lui a pourtant cédé la tête de liste à la demande de Sarkozy, menace toujours de faire sécession. Dans le Morbihan, l'ex-secrétaire générale du ministère de l'Intérieur est critiquée pour avoir imposé, en position éligible, François Guéant, le député-suppléant de Ploërmel, fils de Claude, le puissant secrétaire général de l'Elysée. L'omniprésence de ce dernier dans la campagne bretonne est d'ailleurs dénoncée par beaucoup d'élus, qui ne cachent pas leur agacement. Symbole de la tension régnante, des parlementaires bretons* envisageraient même de prendre la parole cette semaine pour demander à tout le monde de "retrouver la raison". 

Sacrifice sur l'autel du villepinisme
Dans le courant du week-end, les rumeurs ont continué de bruisser et les téléphones de chauffer. Dans le Morbihan, l'"ultimatum" posé par le maire de Locminé, Grégoire Super, court toujours. Mais la possibilité de voir Bernadette Malgorn accéder à son souhait d'être remonté en troisième position de la liste 56 semble relever d'un doux rêve mis à mal par la réalité. "Il peut encore y avoir des ajustements, mais il n'y aura pas de changement radical", confiait un proche de Malgorn vendredi.
Ces ajustements, justement, pourraient notamment se traduire par la dégringolade à la huitième place d'Anne Le Dirach. La Vannetaise, actuellement sixième, pourrait céder sa position à Marie-Christine Le Ray. Cette conseillère régionale sortante, présidente de la Chambre des métiers et de l'artisanat, ne figure pas en position éligible. Elle menace donc de claquer la porte de la campagne. Ce qui risquerait de rendre colère les artisans... traditionnels pourvoyeurs de voix pour la droite. Le Dirach ferait donc les frais de cette pression, sacrifiée, selon les "on-dit", par sa trop grande proximité avec le député-maire de Vannes François Goulard. Le Dirach, "villepiniste" ? L'intéressée dément farouchement ce crime de lèse-majesté...
 
Malgorn surnommée "Jospin"
Officiellement, l'UMP se donne jusqu'à demain mardi pour clarifier la situation. Un délai que beaucoup jugent intenable. "On saura vraiment la vérité le 15 février, date limite de dépôt des listes en préfecture", assure une candidate, qui estime que tout cela laissera des "traces durables".
Car la campagne de la droite patine. Signe des temps, une réunion publique prévue à Crac'h (56) jeudi a été annulée au dernier moment, faute de candidats présents, selon les uns. A cause d'un problème d'agenda assurent les autres. Bilan : le député-maire de Carnac, Michel Grall, François Guéant et sa colistière Françoise Evanno, ont dû improviser un petit discours devant quelques militants pas au courant de l'annulation de "l'événement".
Cerise sur le gâteau : soixante personnes environ assistaient au lancement du Club Villepin à Vannes, au même moment. De quoi inspirer les supporters de l'ex-premier ministre : "Au point où on en est, on pourrait surnommer Bernadette Malgorn "Jospin", assure Yves Bienvenu, un proche de François Goulard. Comme lui, elle va arriver troisième au premier tour, derrière le PS et Europe écologie. Malheureusement, elle va laisser la droite bretonne dans le même état que Jospin a laissé la gauche en 2002... Par contre, on attend d'elle la même déclaration le soir de la défaite."

"Je savais que cela allait être difficile"
Face à ces remous, Bernadette Malgorn semble rester de marbre. Vendredi, la candidate a présenté sa liste en Ille-et-Vilaine. Interrogée sur ces polémiques, l'ancienne préfète de région est restée fidèle à sa stratégie : évoluer au-dessus de la mêlée... en évitant de mettre le doigt dans l'engrenage du conflit. La réunion annulée à Crac'h ? "Elle n'a pas eu lieu, concède Malgorn. Elle se tiendra sous une autre forme plus tard. Les modalités ont changé, c'est tout." Les polémiques ? "Il est vrai qu'il y a des déçus. Mais... Cela pose aussi la question de "Qu'est ce qu'être Breton ?" Certaines personnes de la liste  déplaisent à d'autres... Pourtant, elles ont des mandats locaux depuis de longues années." Le démarrage chaotique de sa campagne ? "Je savais que cela allait être difficile. Cela vient du mode de scrutin. C'est la raison pour laquelle il faut réformer le mode de scrutin des élections régionales." Le reste ? Tout va bien dans le meilleur des mondes. "Des éléments plus précis de notre programme seront dévoilés dans les jours prochains. De même, nos documents de communication seront bientôt imprimés et diffusés. Notre site internet doit être lancé cette semaine. Et une réunion publique se déroulera à Pacé (35) jeudi, à l'occasion de la venue de Gérard Larcher."  

Les dossiers MGM

  • Elections régionales 2010

*Ménard, Le Guen, Goulard, Lorgeoux, Couanau...

K.T. avec C.S.

Abonnez-vous au magazine et recevez chaque mois Le Mensuel de Rennes pour 35€/an
 
 Imprimer  Envoyer à un ami

Vos dernières réactions

Le 12/02/10 à 18:10 par dragon

A entendre mme Malgorn, la Bretagne ne serait pas libre. Il faudrait la libérer du socialisme. C'est humiliant pour les Bretons d'entendre cela alors que l'on souffre d'une nouvelle dérobade de l'Etat par le biais de la réforme territoriale qui est faite pour étouffer les régions. Mme Malgorn devrait d'abord s'intéresser aux problèmes politiques, économiques, sociaux et énergétiques pour essayer ensuite de comprendre le vrai rôle et la vraie place que devrait tenir une institution régionale vis à vis d'un Etat centralisateur. A l'heure des déficits monstrueux créés par la droite, il est urgent de revenir à de l'autonomie de proximité pour une meilleure gestion de l'action publique. Son discours suranné est le degré paléolithique de la politique.

Le 13/02/10 à 02:19 par H de K

C'est interdit de parler de la droite ?
Y compris en période électorale ?

Le 08/02/10 à 16:42 par Lou

ça fait plaisir d'avoir un figaro Breton !

Réagir

Cochez cette case pour être prévenu par email quand un nouveau commentaire est posté après le votre.
Veuillez recopier ce code de vérification :      
Accès membre
Identifiant  
Mot de passe    
Mot de passe oublié?
 Météo à Rennes
 
 
0°C
Min: -2°  Max: 8°
détails
demain


.#